Quel constructeur automobile produit au Maroc ?

Le Maroc est devenu en une poignée d’années le premier pays producteur d’automobiles en Afrique. Derrière cette réussite industrielle, deux géants européens ont posé leurs usines sur le sol marocain, bientôt rejoints par des acteurs locaux qui portent une ambition encore plus forte : fabriquer une voiture 100 % marocaine.

Renault et Dacia, les pionniers de la production marocaine

Renault est présent au Maroc depuis 1966. Mais c’est à partir de 2003, avec le rachat de la Somaca à Casablanca, que le groupe commence à peser vraiment dans le paysage industriel du royaume.

L’usine Somaca à Casablanca

Fondée en 1959, la Somaca est l’usine historique de l’automobile marocaine. Elle produit aujourd’hui des modèles Dacia Logan, Dacia Sandero et le Renault Kardian, lancé en fin d’année 2024. Sa capacité avoisine les 100 000 véhicules par an, dont les deux tiers partent à l’export vers une soixantaine de pays.

L’usine géante de Tanger

Ouverte en 2012, l’usine de Tanger est la grande bascule. Avant elle, le Maroc produisait moins de 60 000 voitures par an. Après son ouverture, les volumes ont explosé : 260 000 unités en 2014, 430 000 en 2019.

Aujourd’hui, le site assemble la Dacia Sandero, la Dacia Jogger hybride, la Logan et la Renault Express. À partir de 2026, une Dacia Sandero 100 % électrique rejoindra les chaînes de montage.

En 2023, les deux usines Renault réunies ont produit plus de 380 000 véhicules au Maroc, exportés à 90 %. D’ici fin 2025, le groupe vise une capacité totale de 500 000 unités par an dans le pays.

Stellantis à Kénitra, la deuxième grande force

Stellantis a ouvert son usine à Kénitra en 2019. En quelques années, le site est monté en puissance pour atteindre près de 200 000 véhicules produits en 2023.

Ce que fabrique Stellantis au Maroc

Kénitra assemble aujourd’hui la Peugeot 208, la Citroën Ami, la Fiat Topolino et l’Opel Rocks-e. Ces petits modèles électriques ou urbains s’inscrivent dans la plateforme « Smart Cars » du groupe, pensée pour des prix serrés et plusieurs types de motorisation.

Un doublement de capacité en cours

Fin 2023, Stellantis a annoncé un investissement de plus de 300 millions d’euros pour porter la capacité de Kénitra à 400 000 véhicules par an d’ici 2027. La prochaine Citroën C4, la Citroën C4 X et une Fiat Multipla relookée façon SUV devraient également y être assemblées, au détriment du site madrilène du groupe.

Neo Motors, le premier constructeur automobile à capital marocain

C’est l’histoire qui change la donne. Neo Motors, fondée en 2017, est la première société automobile détenue par des capitaux marocains. Son usine est installée à Ain Aouda, dans la région Rabat-Salé-Kénitra.

Une voiture 100 % marocaine en vente

Fin 2023, Neo Motors a lancé la commercialisation de son premier modèle, une citadine à trois portes qui cible directement les segments occupés par la Renault Dacia et les marques chinoises. Initialement assemblé en 3 000 unités, ce véhicule incarne le passage du Maroc de simple plateforme d’assemblage à véritable industriel automobile.

L’objectif à moyen terme est de monter à 15 000 véhicules par an, avec une capacité d’usine prévue à 27 000 unités et un taux d’intégration locale de 65 %.

NamX, le pari marocain sur l’hydrogène

NamX est un constructeur franco-marocain fondé par Faouzi Annajah, en collaboration avec le carrossier italien Pininfarina. Son projet repose sur une technologie originale : des capsules d’hydrogène amovibles qui assurent une autonomie annoncée de 800 kilomètres et une recharge en quelques minutes.

Le prototype a été présenté au roi Mohammed VI et la marque s’attaque désormais au marché américain. NamX n’est pas encore en production de série, mais elle illustre à quel point l’écosystème automobile marocain a mûri : il attire aujourd’hui des projets d’innovation de haut niveau.

Le Maroc en chiffres : une industrie automobile qui pèse lourd

IndicateurChiffre
Production 2024plus de 600 000 véhicules
Part Renault / Daciaenviron 410 000 unités
Part Stellantisenviron 190 000 unités
Capacité actuelle du pays700 000 véhicules par an
Objectif gouvernemental 20301 million de véhicules par an
Usines et équipementiers160 sites industriels
Emplois dans le secteur220 000 personnes dont 15 000 ingénieurs

En partant de moins de 60 000 voitures produites en 2010, le Maroc a multiplié sa production par dix en quinze ans. Le Financial Times le qualifie de plus grand centre de production automobile d’Afrique, et le ministre de l’Industrie marocain le présente comme le troisième pays le plus compétitif au monde dans le secteur.

Vers un million de voitures par an d’ici 2030

L’ambition est posée noir sur blanc par le gouvernement : un million de véhicules produits par an au Maroc à l’horizon 2030. Les annonces de Renault et Stellantis rendent l’objectif crédible, à condition que les capacités de sous-traitance locale suivent le rythme.

La vraie nouveauté, c’est l’électrique. Renault commencera à assembler des véhicules électriques légers au Maroc dès 2026. Stellantis oriente Kénitra vers sa plateforme multi-énergie. Et Neo Motors, de son côté, lorgne déjà sur le marché des voitures électriques abordables.

Le Maroc n’est plus seulement un pays où des constructeurs étrangers viennent faire monter des voitures à moindre coût. C’est un écosystème industriel complet, avec ses ingénieurs, ses équipementiers, ses sous-traitants et désormais ses propres marques automobiles.

Partagez votre amour
Avatar photo
koes.buisness@gmail.com
Articles: 79

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *